C’est le genre d’histoire qui fait battre le cœur de tout amateur de voitures anciennes. Ce dimanche 18 octobre, la Maison Pline disperse aux enchères, dans le cadre d’une succession, une collection provençale restée à l’abri des regards pendant des décennies : une quarantaine de véhicules endormis dans un domaine de Cassis, pour l’essentiel des françaises des années 1930 à 1950, comme le révèle News d’Anciennes.
Les points :
Une collection bâtie sur toute une vie #
Ce qui rend cet ensemble singulier, c’est sa cohérence. Le collectionneur a commencé ses achats dès les années 1950 — certaines voitures ont même été acquises neuves — puis a continué d’enrichir son domaine dans les années 1960 et 1970, avec quelques dernières entrées dans les années 2000. Le résultat est une capsule temporelle de l’automobile française d’avant et d’après-guerre, avec ses grandes routières, ses populaires et ses utilitaires.
Les Hotchkiss forment le cœur de la collection : une 864 S49 Artois de 1950, achetée neuve par le propriétaire, une 2050 Anjou de 1951, une 680 Berline et même un camion DH 50. S’y ajoute une Hotchkiss Grégoire, cette berline techniquement en avance sur son temps dont l’échec commercial a fait, des décennies plus tard, une véritable rareté.
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Les « fuseaux Sochaux » en nombre
Les amoureux de Peugeot ne sont pas oubliés, loin de là. Le catalogue aligne deux 202 Berline Luxe de 1939, une 302, et toute une série de 402 — berlines de 1936, 1937 et 1939, 402B Légère de 1938 et 1939, 402 E de 1936 —, ces fameuses « fuseaux Sochaux » à la calandre fendue si caractéristique des années Art déco. Plus proches de nous, une 403 Berline de 1959, une 204 Berline de 1976, une 204 Fourgonnette et une 203 complètent le plateau sochalien.
Une Panhard rare et quelques surprises
Pièce maîtresse pour les connaisseurs : une Panhard Dyna X Cabriolet, carrosserie rare née du crayon de l’ingénieur Jean-Albert Grégoire, qui conserve sa plaque d’immatriculation d’origine. On trouve aussi une Citroën Traction 15-Six Berline de 1952 — la mythique « reine de la route » dans sa version six cylindres —, une Ami 6 Break Service et une Renault 21 TD Nevada de société entrée dans la collection en 1995.
Le lot ne s’arrête pas aux automobiles : des deux-roues Terrot, Motoconfort et Motobécane, des tracteurs Lamborghini et Fiat ainsi qu’un stock de pièces détachées passent également sous le marteau. De quoi occuper restaurateurs et chineurs pendant des années.
Sortie de grange : promesses et précautions #
Comme toujours avec les sorties de grange, l’émotion ne doit pas faire oublier la méthode. Des véhicules arrêtés depuis des années, parfois des décennies, demandent une inspection sérieuse : circuits d’essence et de freinage à refaire, joints secs, corrosion cachée. La valeur de ces lots tient autant à leur authenticité — patine d’origine, historique limpide, propriétaire unique — qu’à leur état mécanique réel. C’est précisément ce qui fait le charme de ce type de vente : chaque enchérisseur y achète une histoire autant qu’une automobile.
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Un automne décidément faste pour la collection #
Cette vente cassidaine ouvre une quinzaine chargée pour les passionnés. Du 23 au 25 octobre, Bordeaux accueille la première édition du Bordeaux Classic au Parc des Expositions : plus de 100 exposants, des centaines de voitures des années 1950 à nos jours, un rallye de 200 kilomètres dans les vignobles le samedi et une vente aux enchères le dimanche à 11 heures, avec plus de 20 000 visiteurs attendus selon Le Bonbon Bordeaux. Le même dimanche 25 octobre, Artcurial tiendra à Paris sa traditionnelle vente « Automobiles sur les Champs ».
Pour les collectionneurs de l’Est comme d’ailleurs, le message est clair : l’automne 2026 regorge d’occasions de dénicher la perle rare. Et si les Hotchkiss de Cassis partent sans doute vers de nouveaux garages dès ce soir, elles rappellent une vérité réjouissante : il reste, ici et là, des trésors endormis qui n’attendent qu’une succession pour refaire surface.




